Les deux pôles d'habitat des ancêtres


La génération "0" est celle de la fratrie des "Huit de Lyon" : Suzanne, Denise, Emile, Janine, André, Micheline, Gérard et Hervé Bouvant. Cette histoire est bâtie à partir de leurs parents Olinde Serre et Eugène Bouvant, la génération "1".

En "aval" vivent déjà trois générations, leurs enfants, petits enfants et arrière petits-enfants.
Nous nous intéressons aux générations "en amont", celles des ancêtres, il y en a actuellement 11 qui ont pu être identifiées, les plus anciennes ont "connu" Henri IV.

Partant d'Olinde et Eugène on est conduit logiquement à présenter les histoires des quatre lignées aux noms de leurs parents respectifs Serre, Gibelin pour Olinde, Bouvant et Robert pour Eugène. Elles sont accessibles directement sur la page principale du site.

Trois se déroulent totalement en Provence, Var, Basses-Alpes et Alpes-Maritimes. La quatrième, celle du patronyme Bouvant, se déroule pour l'essentiel dans la Bresse qui s'étend sur les département Ain, Saône et Loire et Jura, et le nord du Beaujolais, département du Rhône. Un cinquième tome a été ajouté pour conter sa venue en Provence pour "absorber" les trois autres.

Mais ce n'est pas tout : à ces cinq tomes principaux se rattachent des récits complémentaires relatant des épopées de branches que je ne veux pas qualifier de latérales, car toutes sont "principales".

Nous remonterons donc, lorsque les informations ont été portées à notre connaissance, la vie de certaines branches dont le nom s'est perdu par le jeu des alliances, mais qui n'en sont pas moins nos ancêtres au même titre que les branches patronymiques. Ces histoires diverses vous sont contées indépendamment, elles sont accessibles aux moments opportuns soit dans l'un des cinq tomes principaux, soit dans l'histoire des contrées où elles se sont déroulées : Bresse Bressane, Bressse Jurassienne, Mâconnais et Beaujolais, Haut-Var et Pays de Manosque, Centre-Var, Toulonnais, Arrière-pays Niçois Sarde.


Pas besoin d'un hexagone, le quart sud-est nous suffira amplement pour suivre la vie de nos ancêtres depuis 400 années pour certains.

Pour être plus précis, deux régions suffisent, ce sont il est vrai les deux plus belles de notre pays, en toute impartialité (!) :  Rhône Alpes et Provence Alpes Côte d'Azur.

C'est une histoire de paysans, donc des pays Voici les lieux où nos ancêtres sont nés et pour la plupart, y ont vécu.


Les ancêtres Bouvant vivaient en Bresse et Beaujolais



Le BEAUJOLAIS et le MACONNAIS

Le Beaujolais longe la rive droite de la Saône. Au sud il commence vers L'Arbresle et Chazay d'Azergues, on est aux portes de Lyon. Il va au nord se frotter au Mâconnais, c'est la rencontre des grands crus éponymes des deux territoires.

Cela tombe bien, car c'est dans ce secteur du Haut-Beaujolais que l'on a pu recenser un nombre important d'ancêtres dans 5 communes différentes qui ont abrité 3 branches bien distinctes, comme le montre très bien l'arbre ascendant.

1) celle des Grandjean qui va nous conduire directement aux Bouvant par le mariage de Marguerite à Trévoux avec le mystérieux Guillaume Bouvan. Le père de celui-ci, marié à l'Ile-Barbe aux portes de Lyon était né près de Tarare, d'un père Claude, qui n'a pas livré ses origines. Les parents Anne Auger et Jean Grandjean habitaient Fleurie où celui-ci était vigneron comme bien entendu.
Claudine Manin a eu 12 enfants à Trévoux avec Annet, le fils de Guillaume. Ses parents nous emmènent sur 2 voies distinctes mais proches géographiquement.

2) la branche des Manin ou Magnin suivant les actes, vient de deux villages situés au nord est du Beaujolais, tout près de Fleurie, en bord de Saône, face à la Dombes et se mêlant pour l'un des deux au Mâconnais.

Jean Manin est né à Corcelles en Beaujolais (qui jouxte Morgon) comme sa mère Catherine Desrues et les parents de celle-ci, Jean et Catherine Suchet. Coïncidence? sa fille Claudine est venue épouser à Trévoux le fils de Marguerite Granjean qui venait du village voisin Fleurie.
Son père André, ses grands parents Jean et Françoise Laborier venaient du village à quelques kilomètres au nord, Chaintré. C'est bien le même environnement mais deux frontières séparent les deux villages. L'une est administrative, on n'est plus dans le département du Rhône mais dans celui de la Saône et Loire. L'autre frontière est oenologique, on sort du Beaujolais à Juliénas pour entrer de suite dans le Mâconnais à Saint-Vérand, Chaintré et Pouilly Fuissé.

Bienheureux ancêtres, arrêtons là le défilé des grands crus et gardons l'esprit clair.
Les ancêtres de ces villages étaient avant tout agriculteurs et vignerons, ou suivant le terme utilisé localement, grangers.

3) Il reste à rendre visite à la deuxième branche ascendante de Claudine Manin, celle de sa mère Claudine, Odet sur les actes de Trévoux, mais on trouvera son patronyme écrit Audet ou Oddet, les informations données aux curés étant phonétiques.

On doit aller vers l'ouest, quitter les vignobles pour un territoire plus austère et boisé, les Monts du Beaujolais, dans deux communes aux limites mitoyennes.
Nous irons d'abord à Aigueperse d'où provenait la mère de Claudine Pierrette Déborde et ses parents Claude et Jeanne Crozier.
Le village de Claudine était Saint-Igny-sur-Vers, ainsi que toute une lignée d'Audet, le père marié à Jeanne Lameude (dont le parents portaient tous deux le même patronyme) le grand père François marié à Sam Desfalier, l'arrière grand père Claude marié avec Pierrette Faiard.



La BRESSE bressane

Notre carte pourrait être limitée à la Bresse Bressane au sud car en l'état actuel des choses il n'y a pas d'ancêtres connus dans les trois autres Bresse, Louhanaise, Chalonnaise et Jurassienne.
On est au centre du pays du poulet élevé au maïs et dégusté à la crème.

Ce sont des branches assez peu connues dans la famille Bouvant qui proviennent de ce territoire
Elles émanent de Marie Bernard, venue nous rejoindre à Trévoux en épousant Eugène Claude Eugène futur voiturier de Saint André de Corcy. Elle n'était pas née dans ce territoire mais un peu plus au sud, à Savigneux dans la Dombes, par hasard peut-on dire, car son père instituteur avait été nommé là pour quelques années. Lui était né à Cras-sur-Reyssouze, c'est bien là le berceau des Bernard, nom très commun en France. Des milliers de Bernard sont recensés dans l'Ain avec plus d'une centaine de Marie.

Cette branche nous sort du milieu professionnel des agriculteurs. Antoine Bernard était instituteur, sa mère Marie Chanel vivait à Cras avec son père Denis maréchal taillandier (ou d'oeuvres blanches), ce qui signifie qu'il réparait les outils des paysans. Après sa mort prématurée, son épouse Marie Billard dite Judith exerça la profession de sage-femme .

Elle venait de Chavannes sur Suran, à une vingtaine de kilomètres à l'est, où vivait la famille de sa mère Marie Curey et les parents de celle-ci, Claude Blanc et son époux Etienne Curey, tailleur de son état. Etienne, le père de Marie, était né là aussi où il exerçait la profession de tisserand, mais ses parents Elizabeth Ylard et le curé Thévennet étaient de Montrevel dans l'Isère des Terres Froides.


La Dombes

Les tâches bleues de la carte sont parlantes. La Dombes est le pays aux mille étangs, sorte de quadrilatère délimité à l'ouest par la Saône, au sud par le Rhône, à l'est par l'Ain, le territoire se prolongeant au nord par la Bresse, Bourg est proche.

On peut à l'heure actuelle apprécier ce paysage lorsqu'il est éclairé par une belle lumière où au contraire nimbé de brumes à tel point que le ciel et l'eau se rejoignent. Première région de pisciculture en France, c'est aussi un paradis pour de nombreuses espèces d'oiseaux pour qui des parcs ont été créés.

Toutefois, il y a deux cents ans, le climat générait des fièvres paludéennes redoutables et l'âge moyen de la population était de 25 ans. L'assèchement programmé des étangs a été interrompu lorsque l'on a disposé de meilleures conditions de médecine et d'hygiène.

Quoi qu'il en soit, les ancêtres Bouvant, pour ce que nous en connaissons à ce jour, étaient peu concernés par ces problèmes. Ils sont seulement apparus à Trévoux, à l'extrême ouest de la Dombes près de Villefranche-sur-Saône. Leur existence était liée à l'activité économique de cette petite ville qui s'est trouvée pendant longtemps être la capitale du tirage et de la tréfilerie de l'or. Donc pas de pêche à la carpe ou aux grenouilles pour eux.

Une autre commune a vu passer nos Bouvant, c'est André de Corcy, très proche de la précédente, quand l'arrière grand-père Eugène a tenté sa chance dans le transport hippomobile, en ouvrant un relais de diligence en cette commune, idéalement située entre Lyon et Bourg-en-Bresse. cette présence ne lui a pas survécu. Dès l'année 1900 il n'y avait plus, sur le territoire de la Dombes, aucun membre de la famille Bouvant

Nous parlons ici des Bouvant qui nous intéressent, car le seul qui ait perpétré le patronyme est allé en Provence pour lui donner suite, une partie est ensuite remontée à Lyon. Mais sur place, qu'en est-il de tous ces Bouvant homonymes et peut-être vaguement cousins, dont la Dombes a regorgé et regorge peut-être encore? A vrai dire nous n'en savons rien.

Nous connaissons la raison qui a conduit à une (légère) migration de Trévoux à Saint-André de Corcy. Pour l'instant nous n'avons aucun élément nous permettant de penser que c'était aussi pour se rapprocher d'éventuels cousins, car si de nombreux Bouvant habitaient ce village, il semble bien qu'il n'y avait pas de relation de parenté connue entre eux.

Ce que nous avons pu mettre en évidence par contre est que cette famille était bien établie à Saint-André de Corcy. Des membres anciens venaient des communes avoisinantes, que ce soit Joyeuse, Le Montellier, Pérouges, Versailleux, Villars ou autres. Tous ces Bouvant-là étaient d'authentiques autochtones hommes des étangs. Ce que nous ne pouvons avancer pour nos ancêtres de ce nom, dont les origines sont plus au nord, Bresse, Beaujolais, Jura voire Franche-Comté.




492 Serre, Gibelin et Robert ont peuplé le Var entier



BRIGNOLAIS : le Centre et le Haut Var

Le "pays" Brignolais que les organismes de tourisme baptisent aussi du nom plus porteur de Provence verte, n'est que la partie centrale de ce grand territoire varois. Nous préférons parler des termes plus consacrés de Centre Var et Haut Var.
C'est là que la plus grande partie des composantes des ancêtres Bouvant est née et y vécu, et que toutes s'y sont rencontrées à travers les siècles. Le Haut Var est le creuset initial pour les trois lignées provençales.

- Au nord du département, en bordure du Verdon, nous sommes dans les terres des ancêtres de la grand mère Joséphine Robert. Sa famille paternelle est profondément attachée à Ginasservis, ainsi que les alliés Pourpe Fabre et Philibert. Celle de sa mère Rose Aubert se partage entre La Verdière qui jouxte Ginasservis pour les Gombert et les Arnaud et Gréoux pour les Aubert et les Thomas.
En fait la lignée des Robert provient de territoires qui débordent très largement celui du Var : pays de Manosque et ouest des Monts de Vaucluse (le pays de Giono), ainsi que le plateau de Valensole et le pays du Verdon.
- Dans le Haut Var mais un peu plus à l'est avec le même type de paysage, au droit de ce qui est devenu le lac de Sainte Croix, se situe le berceau des Serre à Moissac-Bellevue.

- Plus au sud, toujours dans le haut Var, Cotignac est dans un environnement moins austère, les cours d'eau sont nombreux. Là se situe le berceau des Gibelin

- A quelques kilomètres à l'est c'est le village d'Entrecasteaux qui va accueillir les Serre pour un peu plus d'un siècle. Nous sommes proches du centre Var.

- On y est totalement au Cannet des Maures où les Gibelin viendront pour une migration similaire à la précédente, mais un siècle plus tard.

- C'est encore dans le Centre Var que viendra s'établir au Luc le premier couple de grands parents par fusion d'un Bouvant venu de l'Ain et d'une Robert rencontrée à Brignoles.

- Un peu plus au sud, à Carnoules, le dernier des Gibelin fera entrer dans la lignée, par son épouse Sabine Olinde, plusieurs dynasties qui méritent chacune une présentation tirée à part : celle des Fioroly est venue d'Italie. Celles des Reynaud et Vacon maréchal-ferrants de père en fils, à Puget-Ville, à Cuers et à Pignans, renforcées par une branche venue de Gassin.

- C'est une véritable "route des ancêtres" qui forme la bordure du sud de ce territoire, part du Cannet des Maures et Le Luc, passe par Pignans, Carnoules, Puget-Ville, Cuers, Pierrefeu, puis en pays toulonnais Solliès-Pont, la Garde pour arriver à Toulon. Dans ces communes tout au long d'une cinquantaine de kilomètres, ce sont 62 ancêtres qui reposent.

Croisement des familles au travers des siècles. Gibelin (G) Serre (S) Robert (R) et Bouvant B)


Le TOULONNAIS

Les choses sont assez simples en ce territoire côtier, car il est quelque peu écrasé par la métropole qui lui a donné son nom

Nous (je parle des Gibelin et des Serre qui se sont transformés en Bouvant) l'avons cependant toujours connu sous l'aspect quelque peu bucolique des petits villages avoisinants, de Hyères à Solliès-Pont et surtout La Garde. Nous y allions l'été, s'ils étaient écrasés, c'est par le soleil.

Villages ruraux, que les bienfaits du canal de Provence n'avaient pas irrigués, leur gros problème était la pénurie d'eau, le soleil fait mûrir les fruits et les légumes (et aussi les touristes) mais sans eau la récolte est maigre. C'est cependant un terroir réputé. Qui ne connaît pas (par exemple) les cerises de Solliès-Pont ou les fleurs de La Crau d'Hyères ?

C'est dans ce cadre qu'ont "fusionné" en Bouvant nos belles lignées de Serre, Robert et Gibelin, après que celles-ci aient "digéré" des dizaines de familles alliées pour une seule génération. J'en ai dénombré 79, mais je n'avais pas besoin de faire le recensement, car avec 158 ancêtres débusqués, il n'est pas très étonnant de trouver 79 patronymes différents. J'ai donc quelque excuse à ne plus me rappeler les noms de tous mes arrière arrière ... grands parents.

Ces villages de l'aire toulonnaise ne sont plus ruraux pour l'essentiel. Les quelques centaines d'habitants sont devenus plus de vingt mille à La Garde qui a université et CHU. Mais rien ne m'empêche d'en évoquer le souvenir de l'immédiat après-guerre de 1945, parce qu'il évoque pour moi le mode de vie de tous ces ancêtres depuis des centaines d'années.

La douceur des après-midis était celle du "pénéqué" à La Foux, chez Tonton Louis, le puits dans la cour palliait au manque d'eau sur l'évier. Son eau pour le pastis restera à jamais inégalable par les frigos. Et les soirées vraiment calmes (heureux temps où la télé ne sévissait pas) où l'on allait prendre, juste après que les cigales se soient tues, un frais très relatif chez tante Titine; son infusion sentait la verveine, mais il se peut que je la confonde avec l'odeur de la citronnelle répandue sur la terrasse pour éloigner les moustiques.

Bien que le grand père Laurent Serre ait travaillé à l'Arsenal de Toulon, nous mésestimions le poids économique de la capitale varoise. Ce poids provient essentiellement de la marine militaire installée autour de sa magnifique rade. Des Toulonnais comme ancêtres, c'était inévitable, c'est arrivé autour de 1850 par le mariage de l'arrière grand père Félix Marius avec Antoinette Euphrosine Lamoudru. La voilà cette aïeule qui a apporté un souffle de brise marine à toutes ces lignées de paysans surgies du Var ou du Beaujolais.

Sa famille et ses ascendants avaient des métiers urbains et surtout liés à la Marine, plus gros employeur du Var. Pas seulement à Toulon d'ailleurs : la base d'aviation d'Hyères en dépend, elle est aéro navale, Saint Tropez a son arsenal. Mais le plus important est celui de Toulon, qui générait, avec les chantiers navals de la Seyne, de nombreux emplois (ne parlons pas des marins) dans des métiers divers. Les bateaux étaient en bois et à voiles, nécessitant des spécialistes divers. On trouve donc des menuisiers et des maîtres voiliers, tel Jean Boyer qui mourut en mer en 1803 en vrai marin.


Les Maures

Le pays porte le nom du massif forestier des Maures. Il s'étend d'ouest en est depuis la vallée du Gapeau à celle de l'Argens.

Le nom de Maures ne doit rien aux pirates de Cordoue qui vinrent il est vrai piller la côte à l'époque carolingienne. Il vient du latin maures qualifiant ce qui est sombre, comme ses roches et ses forêts. Celles-ci (avec les chênes-lièges) constituèrent la ressource de ses habitants entre Collobrières et la Garde-Freinet. Malheureusement on peut voir aujourd'hui des maquis de genêts, arbousiers ou genêts qui marquent les lieux dévastés par les incendies.

C'est la côte escarpée qui fait de nos jours la richesse de ce pays, le tourisme l'a fait connaître du monde entier, avec des excès, celles du show-business mais surtout l'urbanisation totalement incontrôlée qui a conduit au mitage du paysage et à l'appropriation du domaine public littoral.

On peut constater sur la carte que nos ancêtres Gibelin et Serre ont vécu au nord (dans la plaine des maures du cannet) et à l'ouest (Cuers, Puget, Hyères, La Garde) du massif des Maures. Aucun pêcheur ou marin parmi eux, la Méditerranée n'était pas leur tasse de thé.

En trois circonstances bien identifiées, nous les rencontrons sur cette côte. Toujours et uniquement dans la presqu'île de Saint-Tropez. Mais de façon totalement fortuite puisque ce fut en trois siècles différents et bien entendu sans nul rapport familial entre eux.

1) Il y eu en premier lieu des autochtones authentiques, ils résidaient à Gassin, c'est Joseph Truc et Véronique Augier dont l'absence à Gassin d'actes antérieurs à 1690 nous privera de leurs parents. Seules sont révélées les naissances de plusieurs enfants, Marguerite en 1698 (son décès l'année suivante) Nicolas que le curé baptise en sa maison "attendu le danger", enfin Cécile notre aïeule le 1 octobre 1703. Une fille aînée, Anne se mariera plus tard à Grimaud, l'année du décès de Joseph en 1708. C'est une famille qui sort du cadre de nos lignées auxquelles va se rattacher Cécile en 1730, lorsqu'elle épousera un veuf, Jean Vacon à l'autre bout du département, à Pignans, initiateur de plusieurs générations de maréchal-ferrants dans la généalogie des Gibelin.
Véronique et Joseph étaient en effet d'une classe que les actes qualifient de bourgeoise, un frère est ainsi notaire. Pierre Joseph est chirurgien qui à l'époque signifiait qu'il opérait les saignées prescrites par le médecin et assistait les femmes lors d'accouchements difficiles, cela a été utile pour son propre fils. A son décès la mention maître chirurgien est celle que l'on donne au barbier qui, muni d'outils tranchants, est capable d'opérer des saignées.

2) C'est avec la lignée des Serre que nous revenons à Gassin un peu plus d'un siècle plus tard. Joseph Serre le nomade né à Pierrefeu s'était marié avec une Astier venue de la haute vallée du Var dans l'arrière pays niçois. Après une première fille à Pierrefeu, ils en eurent une seconde à Grimaud, une autre à Gassin puis un fils, l'aïeul Pierre Félix aussi à Gassin en 1829, enfin une autre fille à Ramatuelle. Un long séjour donc dans la presqu'île dite de Saint-Tropez dont on trouvera les détails dans le récit de l'épopée des Serre.

3) Près d'un siècle plus tard c'est la troisième lignée, celle des Bouvant-Robert, qui viendra investir cette presqu'île, cette fois dans la pérennité. Les grand-parents Jules Bouvant venu de l'Ain et Joséphine Robert du Verdon ayant créé leur famille dans l'ouest, quittèrent Solliès-Pont pour Nice où Joséphine décédera. Ils sont tous deux enterrés dans le cimetière marin de Saint-Tropez.

Leur fille aînée, Marie Thérèse est venue s'établir à Saint-Tropez avec son époux Alexandre Maneille, comptable puis huissier à la suite de son père dans cette ville. Leurs enfants étant de sexe féminin, les descendances de Saint-Tropez doivent être recherchées avec les patronymes de Coup (pour Claire) Domine (pour Fernande) et Béraud (pour Marcelle).


La Haute Vallée du Var

Territoire attachant s'il en est, ce "pays" est l'une des quatre vallées de l'arrière pays niçois qui sont, en allant de l'est (Italie), vers l'Ouest, les vallées de la Roya, de la Vésubie, de la Tinée et du Haut Var. On est dans les Alpes Maritimes mais c'est bien le territoire de la rivière Var, depuis sa source au pied du col de la Cayolle bien connu des sportifs cyclistes et automobilistes.

Descendons-le, il est encore sauvage, après avoir traversé Guillaume, il laisse à gauche une route moderne qui monte à la station de ski de Valberg bien connue des Niçois. Sa course nord sud traverse les superbes gorges de Daluis, contrastant son eau verte avec les schistes rouges aux oxydes de fer, c'est l'un des deux sites de vie des ancêtres. Il bifurque brusquement plein est pour recevoir la Roudoule qui a eu ses gorges en passant devant le deuxième site d'ancêtres, puis le Cians qui a aussi ses gorges, enfin la Tinée. Nous arrivons alors en pays Niçois.

Géographiquement intéressant, le pays l'est aussi sur le plan historique. Préhistorique même puisque il résume 250 millions d'années géologiques. Quant à l'histoire des hommes, de nombreuses péripéties l'ont émaillée. La dernière a été l'épisode post napoléonien pendant laquelle tout le pays est passé sous la tutelle du royaume de Sardaigne.

Mais il a toujours gardé une grande indépendance de par son isolement. Mode de vie et coutumes sont donc spécifiques. Plusieurs concernent notre village de La Croix sur Roudoule qui les perpétue, telle  celle de la pentecôte qui voit les novis de l'année collecter des nourritures qu'ils préparent et que partage toute la population lors d'une procession.

L'entrée dans la lignée des Serre de ces habitants de lointaines contrées, est encore entourée d'un certain mystère. Elle est le fait du mariage de Marie Astier, née à La Croix sur Roudoule en 1789, deux mois avant que n'éclate la révolution, avec Joseph Serre qui était né à Pierrefeu. On ne connaît pas le lieu de leur mariage qui n'est ni l'une ni l'autre de ces communes, chose inhabituelle. La date se situe aux alentours de celle à laquelle (1815) tout le pays niçois a été rattaché au Royaume de Sardaigne. Y-a-t-il une relation de cause à effet? Heureusement, les états civils dont nous avions besoin étant antérieurs, ils ont été rédigés en bon français.

Marie était d'une vieille famille de La Croix, les Astier, nom répandu dans toute cette vallée. Ses parents habitaient au Villars dont on peut voir sur la photo aérienne qu'il était plus proche du village de Daluis dans la vallée du Var, que du centre de La Croix. Un aperçu du chemin très tortueux pour accéder à celui-ci laisse à penser qu'il fallait prévoir sa journée pour s'y rendre. La Croix est décidément un petit village très intéressant. Il est sur un promontoire en nid d'aigle et garde des vestiges d'un passé aux périodes riches en changements de régimes politiques. Ses deux ponts traversant les gorges de la Roudoule sont célèbres, l'un très ancien, l'autre à l'architecture originale et audacieuse. Quelques dizaines de personnes y résident, mais il a compté en fin du 19ème siècle près de 800 habitants pendant la durée (guère plus de 20 ans) d'exploitation d'une mine de cuivre.

L'état des archives de La Croix ne nous permet pas d'aller très loin dans la connaissance d'autres ancêtres, que les grands parents de Marie, Jean-Pierre Astier et Marie Maniche, avec son père Jean-Baptiste.

Celui-ci avait donc épousé Marie Robion, une fille de Daluis village au bord du Var au sortir de ses gorges. De plus riches archives communales nous font prendre connaissance d'ancêtres aux noms familiers. Ce sont d'abord les parents de Marie, Cécile Brun et Annibal Robion. Les parents de ce dernier, Jean (issu de Honnoré et Catherine Couton) et Marguerite Barthélemy (issue de Jean et de Honnorade Berton). Quant à Cécile, son père Célestin Brun descendait d'Antoine et de Marguerite Bouton. Ces noms donnés à l'époque de Louis XIV dans le Comté de Nice sont similaires à ceux du Var toulonnais que l'on a connu au 19ème siècle, mais là, avec sa mère Isabeau Vachier, ses grands parents Jeannon Vachier et Jeanne Pebre, on retrouve nos amis de La Crau d'Hyères. Curieux rapprochement quand on sait que Marie Astier viendra vivre et mourir dans cette plaine agricole de l'ouest varois.

Décidément nous aurions bien aimé avoir plus d'informations sur la personnalité et l'existence de Marie. En tous cas, je la remercie car elle a été pour moi l'occasion de faire connaissance avec des ancêtres d'un pays attachant que je quitte à regret.

En redescendant sur la côte on a trouvé trace d'une vingtaine d'ancêtres ayant vécu à Cannes et un à Nice. Ces familles vinrent, par le mariage de la Cannoise Marguerite Bérenguier en 1737 avec François Lamoudru, rejoindre la lignée toulonnaise. On aimerait en savoir plus sur ces ancêtres de la Côte (pas encore d'Azur) muletiers ou pêcheurs, mais jusqu'à une période récente, Cannes n'était qu'un tout petit port de pêcheurs.


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